Flashback 2005 : les task forces dans la filière horticole, renforcer le dialogue public-privé

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Flashback 2005 : les task forces dans la filière horticole, renforcer le dialogue public-privé

 

(Source : PIP Magazine Juillet 2005)

(…) L’Union européenne définit des règles sanitaires et phytosanitaires précises pour toutes les denrées alimentaires, tant celles produites dans l’espace communautaire que celles importées des pays tiers. La filière d’exportation horticole des pays ACP se doit elle aussi de respecter ces règles. Dans ce contexte, les opérateurs privés et le secteur public ACP doivent travailler main dans la main et concevoir ensemble des stratégies pour relever les défis actuels et à venir. C’est dans ce but que le programme PIP appuie la mise en place de Task Forces en tant que mécanismes de concertation privé-public.

L’évolution des exigences du marché européen – et mondial– vis-à-vis de la qualité sanitaire des fruits et légumes frais limite de plus en plus la capacité des entreprises exportatrices des pays ACP à apporter des réponses individuelles aux défis dans ce domaine. L’intervention coordonnée des secteurs public et privé s’avère de plus en plus indispensable. Pour favoriser et renforcer la concertation public-privé, le programme PIP consacre aujourd’hui beaucoup d’efforts, au titre du Renforcement des Capacités locales, dans la mise en place et le développement de Task Forces dans les pays ACP.

A ce jour, neuf Task Forces nationales ont été constituées: six en Afrique de l’Ouest et Centrale: Sénégal, Ghana, Burkina-Faso, Mali, Guinée et Cameroun; deux en Afrique de l’Est: Kenya et Ouganda; une dans les Caraïbes.

Partager les connaissances et définir des stratégies conjointes

Les Task Forces sont des groupes permanents de dialogue et de travail, qui rassemblent autour d’une même table des acteurs du secteur privé et du secteur public impliqués dans la filière: entreprises productrices, organisations professionnelles, laboratoires, organes législatifs et de contrôle. Elles constituent des espaces de discussion et d’échanges qui doivent permettre de partager des connaissances communes, en vue de développer des stratégies et mettre en œuvre des actions de manière concertée et cohérente.

Les entreprises peuvent mettre à profit ces espaces pour faire savoir au secteur public quelles actions leur semblent nécessaires, quels sont leurs besoins. Le secteur public peut quant à lui y trouver une information de première main auprès de l’ensemble des acteurs privés, et prendre connaissance de leurs réactions vis-à-vis des politiques menées et des mesures dont l’adoption est envisagée. Bien structurée et active, la Task Force peut prétendre à agir tel un instrument de lobbying: auprès des autorités nationales, des bailleurs de fonds nationaux et internationaux, dans les débats sur les questions SPS (sanitaires et phytosanitaires) et commerciales. A terme, les Task Forces nationales pourraient se fédérer au sein de plates formes régionales dotées d’un réel pouvoir de représentativité et de négociation pour toutes les questions d’intérêt commun, en particulier dans le domaine technico-commercial. Ces Task Forces régionales pourraient se regrouper au sein d’une structure centrale de représentation auprès des grands marchés d’exportation.

On le voit, le rôle que revêtent les Task forces ainsi que leur potentiel d’action sont très importants. Pour cette raison, au cours des derniers mois, un travail d’analyse des expériences et des difficultés auxquelles ces Task Forces sont confrontées a été réalisé dans le cadre du programme PIP. Cet état des lieux a abouti à l’élaboration d’un document de référence intitulé “Guidelines pour la mise en œuvre et le fonctionnement des Task Forces” qui présente les grandes orientations recommandées pour constituer et gérer une Task Force. Il n’existe pas de profil type de Task Force: chacune d’elles doit être adaptée au contexte, aux structures et aux stratégies du secteur horticole du pays. En revanche, il existe ce qu’on peut appeler “des facteurs clés de succès”, qui se traduisent par des règles de base à respecter, en particulier en matière de composition et de représentativité, de travail en groupe et de pérennisation de la structure.(…)