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Comité consultatif du COLEAD 2023 : l’association est à un carrefour

Le 1er décembre dernier, un an après le comité consultatif (CC) 2022, le COLEAD représenté par sa Direction et ses administrateurs se sont redonné rendez-vous avec les principaux partenaires de l’organisation pour faire le point, échanger afin de voir comment mieux faire les choses ensemble et utiliser au mieux la boîte à outils et le réseau du COLEAD au service des Objectifs de Développement Durable (ODD).

L’objectif principal étant, sur base d’un partage des priorités techniques et politiques des parties prenante, de confirmer les lignes directrices de l’action du COLEAD pour les années à venir et ce que cela suppose dès 2024.

La Délégation Générale de l’association a remis en perspective le bilan de l’année et les enjeux à venir pour le COLEAD. Puis se sont principalement exprimés les entrepreneurs et responsables d’organisation professionnelles africains et européens administrateurs du COLEAD ainsi que les représentants d’INTPA de la Commission européenne, de l’Organisation des Etats d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique (OEACPS), de l’Agence française de Développement (AFD), d’ENABEL et du fonds STDF de l’Organisation Mondiale du Commerce (Fonds pour l’application des normes et le développement du commerce).

Ensemble, nous avons d’abord pu repartager le constat global d’un monde de plus en plus complexe affecté par l’urgence climatique, les conséquences post COVID, les guerres en Ukraine et au proche orient. Un contexte de crises qui durent, affectant lui-même les systèmes agricoles et alimentaires. Un importateur présent travaillant en « commerce équitable » avec de nombreuses coopératives de petits producteurs et des grandes plantations, a évoqué que pour la première fois il n’avait pas pu fournir cette année les volumes demandés par ses clients. En même temps, nous reconnaissons tous que le secteur agroalimentaire est clé pour de nombreux pays en développement et source d’opportunités locales et internationales. « Il soutient la croissance économique, réduit la pauvreté, contribue à renforcer la sécurité alimentaire et fournit emplois et revenus notamment aux femmes et aux jeunes ».

Chacun et chacune a mis en lumière ses priorités, réflexions, contraintes qu’elles soient entrepreneuriales, économiques ou politiques, tout en affirmant une volonté de travailler en faveur de la transformation attendue du système alimentaire. A tous les niveaux, chacun a illustré son engagement en faveur de pratiques durables. Par exemple l’OEACP en rappelant que l’une des principales priorités de l’accord post Cotonou signé récemment avec l’Union européenne est de faire progresser la mise en œuvre des objectifs de développement durable. L’AFD et ENABEL ont souligné les enjeux liés à l’évolution du climat et de la biodiversité ainsi que la réponse qu’apporte l’agroécologie. Le STDF a rappelé l’importance sur le plan international et local de la sécurité des aliments dans le commerce. Autres exemples illustratifs au niveau d’ entrepreneurs basés en Afrique: la préservation de l’environnement au Togo grâce à la production de petits arbres distribués aux petits exploitants pour qu’ils soient plantés au moins sur 10 % de leur surface agricole, la réduction de 90% de l’utilisation de pesticides en 20 ans chez un producteur de bananes en Côte d’Ivoire ou encore au Cameroun le développement de la filière poivre autour de la promotion de l’IGP grâce au partenariat AFD-STDF-COLEAD et le recyclage de fibres d’ananas dans le secteur de la coiffure.

L’accès à des financements permettant aux petites structures d’investir, les conditions réglementaires d’accès au marché de l’UE et la disponibilité de moyens de lutte contre les nouvelles invasions de ravageurs sont ressortis des échanges comme trois sujets prioritaires sur lesquels le COLEAD est invité à poursuivre ses efforts parallèlement à son rôle historique en matière de renforcement de capacités techniques. Plus globalement, si tous les participants reconnaissent le bien fondé des ODDs, leur application en pratique et spécifiquement les applications liées au Pacte vert européen supposent selon les représentants des pays ACP présents du temps et une adaptation aux contextes locaux d’autant plus pour les pays les plus vulnérables.

« Nous devons être ambitieux et innovant » a souligné Junior Lodge, secrétaire général adjoint de l’OEACP. A l’échelle du COLEAD, cela signifie notamment a-t-il précisé d’inspirer les autres par vos bonnes pratiques. « Le COLEAD est une famille ; on y parle avec le cœur » a dit Leonard Mizzi, chef d’unité à INTPA. En cela le COLEAD aide la communication et doit rester un outil de connexion entre les gens. Au-delà de son rôle de courroie de transmission, ancré dans la réalité d’un petit producteur comme dans celle de la Présidence de l’UE, Monsieur Mizzi a invité le COLEAD à intégrer dans son plan stratégique à la fois des retours du terrain mais également la nécessité de prioriser et de cibler les actions dans un souci commun d’augmentation continue de l’impact de notre action collective au service des ODDs. L’association est à un carrefour. Rendez-vous en 2024 !