Sierra Leone : vers une autorité phytosanitaire moderne et alignée sur les normes internationales

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En bref

  • Dans le cadre du programme Fit For Market Plus (FFM+), le COLEAD accompagne l’Organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) de la Sierra Leone, aujourd’hui Unité de protection des cultures (UPC) au sein du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire.
  • Objectif : moderniser sa gouvernance, sa structure et ses capacités opérationnelles.
  • Un diagnostic — revue documentaire, consultations virtuelles, enquête auprès de 42 cadres techniques — a révélé un cadre légal hérité de 1946 et des moyens limités.
  • Recommandation centrale : transformer l’UPC en une Division nationale de la protection des végétaux (DNPV) pleinement mandatée, articulée autour de cinq unités spécialisées.
  • Un levier pour aligner le pays sur la CIPV et l’Accord SPS de l’OMC, et renforcer sa biosécurité, son agriculture et son commerce.

Pourquoi cet accompagnement ?

Sans autorité phytosanitaire solide, un pays peine à protéger ses cultures comme à sécuriser ses échanges. En Sierra Leone, le système repose encore sur un cadre légal datant de 1946, en décalage avec les obligations internationales issues de la CIPV et de l’Accord SPS de l’OMC. Engagé fin 2025 sous la conduite de l’experte Ruth Woode, l’accompagnement du COLEAD s’est ouvert par un diagnostic complet : revue documentaire, consultations virtuelles et enquête auprès de 42 cadres techniques. Le constat est net — lignes hiérarchiques floues, chevauchements de responsabilités, effectifs et équipements insuffisants, faible mobilité, absence de systèmes de données intégrés. Mais il met aussi en lumière un fort engagement du personnel et une réelle volonté de progresser.

Une nouvelle architecture institutionnelle

La recommandation centrale : faire de l’actuelle UPC une Division nationale de la protection des végétaux (DNPV) pleinement mandatée, organisée autour de cinq unités spécialisées — contrôle officiel phytosanitaire ; inspection et certification ; surveillance des organismes nuisibles ; laboratoire de diagnostic ; et services d’appui. Organigramme détaillé, architecture fonctionnelle et tableau des responsabilités ont été élaborés conformément aux bonnes pratiques internationales et au cadre de description de postes du COLEAD.

Au-delà de la structure

Refonder une institution ne se limite pas à un organigramme. L’accompagnement appelle aussi à doter le pays d’un cadre légal et réglementaire phytosanitaire moderne, à institutionnaliser le développement professionnel continu (DPC) pour tout le personnel et à accroître le budget consacré à la surveillance, à l’inspection, au diagnostic et à la mobilité. Il recommande d’élaborer et de faire appliquer des procédures opérationnelles standardisées, de renforcer la coordination interservices — en particulier aux points frontaliers — et de mettre en place des systèmes robustes de gestion des données, d’audit interne et de communication sur les risques.

Pourquoi ça compte

Une autorité phytosanitaire moderne et conforme aux normes internationales, c’est la condition pour protéger durablement l’agriculture nationale et ouvrir l’accès aux marchés. Ensemble, les réformes proposées visent à renforcer la biosécurité du pays, à améliorer la qualité des services et à consolider la capacité de la Sierra Leone à protéger ses cultures comme son commerce.

Cette activité est soutenue par le programme Fit For Market Plus (FFM+), mis en œuvre par le COLEAD dans le cadre de la coopération au développement entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et l’Union européenne. Cette publication bénéficie du soutien financier de l’UE et de l’OEACP. Son contenu relève de la seule responsabilité du COLEAD et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’UE ou de l’OEACP.